En bref

  • « Gîte rural » n'est pas une catégorie juridique : un gîte loué en entier à une clientèle de passage est un meublé de tourisme au sens de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme, avec les mêmes démarches et la même fiscalité.
  • Les épis de Gîtes de France ou les clés de Clévacances sont des labels privés. Seul le classement en étoiles, délivré après une visite d'un organisme habilité, ouvre l'abattement des meublés classés.
  • Un gîte d'étape ou de groupe, où les voyageurs partagent chambres ou cuisine, n'est pas un meublé de tourisme et ne peut pas être classé comme tel.
  • Au-delà de 15 personnes accueillies, l'hébergement relève des établissements recevant du public de 5e catégorie, avec leurs règles d'incendie et d'accessibilité.

Un gîte rural est un logement meublé, situé à la campagne, loué en entier à des vacanciers. Le mot n’a aucune définition dans la loi : pour le droit, un gîte loué de cette façon est un meublé de tourisme, soumis à la déclaration en mairie, à la taxe de séjour et au micro-BIC comme un appartement en ville. Ce qui le distingue tient au label qu’il affiche, à son éventuel classement en étoiles et, parfois, au statut agricole de son propriétaire.

Un mot d’usage, pas une catégorie juridique

Le code du tourisme connaît les hôtels, les résidences de tourisme, les meublés de tourisme, les chambres d’hôtes, les campings. Il ne connaît pas le « gîte rural ». La catégorie qui s’applique se lit dans la définition de l’article L. 324-1-1 : les meublés de tourisme sont des « villas, appartements ou studios meublés, à l’usage exclusif du locataire, offerts à la location à une clientèle de passage ».

Trois conditions décident donc, et aucune ne parle de campagne :

  • le logement est meublé et prêt à vivre ;
  • le voyageur en a l’usage exclusif, sans partager de pièce avec le propriétaire ni avec d’autres clients ;
  • il s’agit d’une clientèle de passage, qui n’y élit pas domicile.

Une longère dans le Morvan louée à la semaine remplit ces trois conditions, exactement comme un studio loué le week-end à Lyon. Le premier porte souvent le nom de gîte, le second rarement, mais leur régime est le même. Toute l’ouverture se règle donc comme pour un meublé de tourisme, à commencer par la déclaration en mairie et le numéro d’enregistrement.

Le mot vient d’ailleurs moins du droit que de l’histoire d’un réseau. Le premier gîte rural est généralement daté de 1951, à La Javie, dans les Alpes-de-Haute-Provence. La Fédération nationale des Gîtes de France naît en 1955 pour fédérer ces hébergements, département par département. Le terme s’est ensuite étendu à presque toute location de vacances à la campagne, labellisée ou non.

Gîte, gîte d’étape, gîte de groupe, chambre d’hôtes : où passe la frontière

Le même mot recouvre des hébergements que le droit traite très différemment. La ligne de partage est celle de l’usage exclusif. Dès que les voyageurs partagent une chambre, un dortoir ou une cuisine avec d’autres clients, on sort du meublé de tourisme.

La Direction générale des Entreprises l’écrit sans ambiguïté : les gîtes d’étape et les gîtes de groupe ne peuvent pas être classés en tant que meublés de tourisme, parce que leurs occupants partagent des espaces communs. Ils peuvent adhérer à des réseaux privés, mais pas obtenir d’étoiles au titre des meublés.

FormuleCe qui la définitRégime juridiqueClassement en étoiles de meublé
Gîte rural, gîte de séjourLogement entier loué à une clientèle de passageMeublé de tourismePossible, sur demande
Gîte d’étapeHébergement de passage, souvent sur un itinéraire de randonnée, espaces partagésHébergement collectif, hors meublé de tourismeImpossible
Gîte de groupeHébergement collectif pour groupes, chambres ou dortoirs et cuisine partagésHébergement collectif, hors meublé de tourismeImpossible
Chambre d’hôtesChambres chez l’habitant, avec petit-déjeuner et présence du loueurRégime propre, cinq chambres et quinze personnes au plusImpossible

Les chambres d’hôtes obéissent à leurs propres règles de déclaration et de capacité, détaillées dans notre page sur l’ouverture de chambres d’hôtes. Un propriétaire qui loue à la fois un gîte et des chambres dans le même corps de ferme exerce donc deux activités distinctes, avec deux déclarations.

Le seuil des 15 personnes

Le meublé de tourisme n’a pas de capacité maximale : la Direction générale des Entreprises le rappelle dans sa foire aux questions. Un grand gîte de huit chambres reste un meublé de tourisme. Mais la capacité fait basculer l’hébergement dans une autre réglementation.

Au-delà de 15 personnes accueillies, l’hébergement est un établissement recevant du public de 5e catégorie. Il doit alors respecter la réglementation de sécurité contre l’incendie et la panique, issue de l’arrêté du 25 juin 1980, ainsi que les règles d’accessibilité. Le seuil s’apprécie sur la capacité d’accueil, pas sur le nombre de voyageurs d’une réservation donnée.

En pratique, beaucoup de grands gîtes affichent une capacité de 14 ou 15 personnes pour cette raison. Au-delà, le projet suppose un dossier de sécurité et, le plus souvent, des travaux : la mairie et le service départemental d’incendie et de secours sont les interlocuteurs à consulter avant d’acheter ou d’aménager.

Les épis et les clés sont des labels, pas des étoiles

C’est la confusion la plus coûteuse. Un gîte peut afficher deux types de distinction qui n’ont pas la même valeur.

Le label est attribué par un réseau privé selon sa propre grille : de 1 à 5 épis chez Gîtes de France, des clés chez Clévacances, une charte d’accueil chez Accueil Paysan ou Bienvenue à la ferme. L’adhésion est volontaire et payante, et elle apporte en général une visibilité commerciale, une centrale de réservation et un accompagnement.

Le classement est une procédure publique. Il se demande à un organisme habilité, qui visite le logement et l’évalue sur la grille nationale avant d’attribuer de 1 à 5 étoiles, valables cinq ans. Le code du tourisme range parmi ces organismes, outre les organismes accrédités, des réseaux comme Gîtes de France et Clévacances : le relais départemental du label peut donc aussi effectuer la visite de classement. Mais ce sont deux actes différents, souvent facturés séparément.

Label (épis, clés)Classement (étoiles)
NatureMarque privée, charte d’un réseauProcédure du code du tourisme
Qui le délivreLe réseau, selon sa grilleUn organisme habilité, selon la grille nationale
Abattement micro-BIC des meublés classésNonOui
Tarif de taxe de séjour par catégorieNon : tarif des non classésOui : tarif de la catégorie
DuréeSelon le réseauCinq ans

La conséquence fiscale est directe. Depuis les revenus 2025, un meublé de tourisme non classé n’a droit qu’à 30 % d’abattement dans la limite de 15 000 € de recettes, contre 50 % pour un meublé classé. Un gîte trois épis qui n’a jamais demandé ses étoiles est donc traité comme un non classé. Le détail des seuils et trois calculs figurent dans notre page sur l’abattement du meublé de tourisme, classé ou non, et la procédure dans celle sur le classement en étoiles.

Le gîte à la ferme : bénéfice agricole ou BIC

Le gîte rural a une particularité qu’aucun studio urbain ne partage : il est souvent tenu par un exploitant agricole, dans un bâtiment de son exploitation. Cette situation ouvre une option fiscale et pose une question d’urbanisme.

Côté impôt, l’article 75 du code général des impôts permet à un exploitant soumis à un régime réel de rattacher ses recettes accessoires commerciales à son bénéfice agricole. Le BOFiP cite expressément le tourisme à la ferme parmi ces activités. La condition est double et cumulative : la moyenne des recettes accessoires des trois années civiles précédentes ne doit dépasser ni 50 % des recettes agricoles, ni 100 000 €.

Situation de l’exploitantOù vont les recettes du gîte
Régime réel agricole, recettes accessoires sous les deux seuilsBénéfice agricole, sur option de rattachement
Recettes accessoires au-delà de 50 % des recettes agricoles ou de 100 000 €Bénéfices industriels et commerciaux, comme tout loueur
Exploitant au micro-BA, ou propriétaire non exploitantBénéfices industriels et commerciaux, micro-BIC ou réel

Le texte précise aussi que les recettes ainsi rattachées ne bénéficient pas de certains dispositifs propres au bénéfice agricole, comme les déductions de l’article 73. Le choix entre les deux régimes dépend donc de la comptabilité de l’exploitation, et relève du comptable de l’exploitation plutôt que d’une règle générale.

Côté urbanisme, transformer une grange ou une étable en gîte est un changement de destination, qui demande une autorisation d’urbanisme. En zone agricole ou naturelle d’un plan local d’urbanisme, l’article L. 151-11 du code de l’urbanisme ne l’autorise que pour les bâtiments que le plan a expressément désignés, après avis conforme d’une commission départementale. Des assouplissements ont été votés récemment : le service urbanisme de la mairie dit ce qui s’applique au bâtiment avant tout devis de travaux.

Ce que la loi Le Meur change pour un gîte

Puisqu’il est un meublé de tourisme, le gîte rural suit toutes les mesures de la loi du 19 novembre 2024 : enregistrement généralisé, nouveaux abattements depuis les revenus 2025 et exigence de performance énergétique à l’horizon 2034. Pour un gîte dans une vieille maison de pierre, ce dernier point mérite d’être anticipé dès maintenant, parce qu’il touche l’isolation et le chauffage, deux postes de travaux longs.

L’exception tient à la résidence principale : une maison habitée au moins huit mois par an et louée quelques semaines l’été échappe à l’exigence de DPE de 2034 et, dans la plupart des communes, à la déclaration en mairie. Un gîte au sens courant, loué toute la saison, n’est presque jamais dans ce cas. Les dates d’effet de chaque mesure sont rassemblées dans notre page sur la loi Le Meur.

Cette page décrit la règle générale au 2 octobre 2026. Elle ne remplace ni la mairie pour l’urbanisme et la déclaration, ni le centre des impôts ou un expert-comptable pour le choix d’un régime fiscal.

Questions fréquentes

Quelle est la définition d'un gîte rural ?

Le droit ne définit pas le gîte rural. Dans l'usage, c'est un logement meublé, situé à la campagne, loué en entier à des vacanciers pour quelques nuits ou quelques semaines. Juridiquement, c'est donc un meublé de tourisme au sens de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme, soumis aux mêmes démarches et à la même fiscalité.

Quelle différence entre un gîte et un meublé de tourisme ?

Aucune sur le plan juridique, tant que le gîte est loué en entier, à l'usage exclusif du locataire, à une clientèle de passage. « Gîte » est un mot d'usage, souvent associé à un label comme Gîtes de France ; « meublé de tourisme » est la catégorie du code du tourisme qui décide des obligations.

Un gîte labellisé Gîtes de France est-il un meublé classé ?

Non, pas automatiquement. Les épis sont un label privé. Le classement en étoiles est une procédure distincte, à demander à un organisme habilité, qui peut d'ailleurs être le relais départemental du label. Sans classement, le gîte relève du régime fiscal et de la taxe de séjour des meublés non classés.

Faut-il déclarer un gîte rural en mairie ?

Oui, comme tout meublé de tourisme qui n'est pas la résidence principale du loueur. La déclaration se fait auprès de la mairie de la commune où se trouve le gîte, et donne un numéro d'enregistrement dans les communes qui l'ont instauré.

Un agriculteur peut-il déclarer les revenus de son gîte en bénéfices agricoles ?

Oui, sous conditions. L'article 75 du code général des impôts permet de rattacher les recettes accessoires commerciales, comme le tourisme à la ferme, au bénéfice agricole si leur moyenne sur trois ans ne dépasse ni 50 % des recettes agricoles, ni 100 000 euros. Au-delà, elles relèvent des bénéfices industriels et commerciaux.

Sources et méthode

  • Direction générale des Entreprises, FAQ meublés de tourisme, « Les gîtes de groupe et les gîtes d'étape peuvent-ils être classés en tant que meublé de tourisme ? » : https://www.entreprises.gouv.fr/espace-entreprises/faq/meubles-de-tourisme/les-gites-de-groupe-et-les-gites-detape-peuvent-ils-etre (consulté le 2 octobre 2026)
  • Direction générale des Entreprises, FAQ meublés de tourisme, « Existe-t-il une limite de personnes pouvant être hébergées dans un meublé de tourisme ? » : https://www.entreprises.gouv.fr/espace-entreprises/faq/meubles-de-tourisme/existe-t-il-une-limite-de-personnes-pouvant-etre (consulté le 2 octobre 2026)
  • Code du tourisme, article L. 324-1-1, définition des meublés de tourisme, et article L. 324-1, organismes habilités au classement
  • Code général des impôts, article 75, version en vigueur depuis le 1er janvier 2019 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048121291 (consulté le 2 octobre 2026)
  • BOFiP, BOI-BA-CHAMP-10-40, recettes accessoires des exploitants agricoles, §140, §250, §270 et §310 : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1763-PGP.html/identifiant=BOI-BA-CHAMP-10-40-20220406 (consulté le 2 octobre 2026)
  • Code de l'urbanisme, article L. 151-11, changement de destination des bâtiments en zones agricole et naturelle : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047303685