En bref
- La location d'un meublé de tourisme est exonérée de TVA, sans possibilité d'option : le loueur ne peut pas choisir de la facturer.
- Elle devient imposable à 10 % quand le loueur propose, en plus du logement, au moins trois des quatre services para-hôteliers : petit-déjeuner, nettoyage régulier, linge de maison, réception de la clientèle.
- Il suffit que les services soient réellement proposés, même optionnels et payants à part ; il n'est pas exigé que le client les prenne.
- Une boîte à clés seule, sans alternative d'accueil physique, ne constitue pas une réception selon le BOFiP.
- Même imposable, le loueur ne paie pas de TVA tant que son chiffre d'affaires reste sous la franchise en base : 85 000 € l'année précédente, 93 500 € l'année en cours.
La location d’un meublé de tourisme est exonérée de TVA, et le loueur ne peut pas choisir de l’y soumettre. Elle devient imposable au taux de 10 % quand le loueur propose, en plus du logement, au moins trois des quatre services para-hôteliers : petit-déjeuner, nettoyage régulier, linge de maison et réception de la clientèle. Même dans ce cas, aucune TVA n’est due tant que le chiffre d’affaires reste sous la franchise en base, fixée à 85 000 € pour l’hébergement.
La plupart des locations saisonnières restent donc hors TVA. La règle mérite pourtant d’être lue de près, parce que le critère porte sur les services proposés, et non sur ceux que les voyageurs consomment.
Le principe : une location meublée exonérée, sans option
L’article 261 D du code général des impôts exonère de TVA les locations de logements meublés à usage d’habitation. Le BOFiP le précise dès son premier paragraphe : l’exonération s’applique sans possibilité d’option. Un loueur ne peut donc pas facturer de TVA pour récupérer celle de ses travaux ou de son mobilier, comme le ferait une entreprise ordinaire.
Le classement en étoiles n’y change rien. Le BOFiP indique que le classement au sens du code du tourisme, ou l’immatriculation au registre du commerce, est sans incidence sur le régime de TVA. Un meublé 5 étoiles loué sans services reste exonéré ; un studio non classé avec services peut être imposable.
Cette exonération ne concerne que la TVA. Le loueur reste soumis à ses autres obligations : l’impôt sur le revenu, détaillé dans notre page pour déclarer les revenus d’un meublé de tourisme, la CFE au-delà de 5 000 € de recettes, et la collecte de la taxe de séjour.
L’exception para-hôtelière : trois services sur quatre
Le 4° b du même article fait une exception pour l’hébergement fourni dans le secteur hôtelier ou dans des secteurs ayant une fonction similaire. Le BOFiP en tire deux conditions cumulatives.
La première porte sur la durée : le loueur propose des séjours qui peuvent être, au choix du client, de trente nuitées au plus. C’est le cas de presque toutes les locations saisonnières. Un client qui réserve six semaines ne fait pas sortir le logement du régime.
La seconde porte sur les services. Le client doit avoir accès à au moins trois des quatre prestations suivantes, et le BOFiP précise ce que recouvre chacune.
| Service | Ce qui le caractérise selon le BOFiP | Ce qui ne suffit pas |
|---|---|---|
| Petit-déjeuner | proposé par le loueur, dans le logement ou dans un local commun ; commande possible la veille, y compris auprès d’une boulangerie | conseiller des adresses, installer un distributeur de boissons |
| Nettoyage des locaux | fait avant le séjour, puis proposé régulièrement pendant le séjour ; un rythme hebdomadaire suffit | laisser du matériel de ménage au client |
| Linge de maison | draps et serviettes fournis au début du séjour, renouvellement régulier proposé ; un rythme hebdomadaire suffit | une laverie en libre-service sans renouvellement |
| Réception de la clientèle | accueil, orientation, information, même non personnalisés, en un lieu unique ou par un système électronique, pas forcément en permanence | une boîte à clés seule, sans accueil physique proposé en alternative |
Ces services peuvent être inclus dans le prix ou optionnels et facturés à part. Il n’est pas exigé que le client les utilise. En revanche, ils doivent être réellement proposés, et le loueur doit pouvoir le prouver : annonce, livret d’accueil, affichage, échanges écrits avec le voyageur. Une conciergerie ou un autre prestataire peut les assurer pour le compte du loueur.
Lorsque les deux conditions sont réunies, la location devient imposable au taux réduit de 10 %, celui de l’hébergement hôtelier.
Ce qu’a changé la décision du Conseil d’État de novembre 2025
La version du BOFiP publiée en 2024 contenait une tolérance pour les séjours de moins d’une semaine : le nettoyage et le linge étaient réputés fournis dès lors qu’ils l’étaient avant l’arrivée du client. Par une décision n° 498267 du 12 novembre 2025, le Conseil d’État a annulé ces remarques des paragraphes 80 et 90, au motif qu’elles ajoutaient à la loi un automatisme qu’elle ne prévoit pas.
Le juge a en revanche validé le principe d’une appréciation selon la durée du séjour. Pour un week-end, un ménage et des draps propres à l’arrivée peuvent encore remplir les conditions ; ce n’est simplement plus une présomption. Le paragraphe 100 sur la réception est maintenu : un dispositif électronique peut valoir réception, à condition d’assurer un véritable accueil.
Pour le loueur, la conséquence pratique est simple. Le décompte des services se fait au regard de ce qui est effectivement proposé pour la durée des séjours vendus, et non d’une règle mécanique.
Trois situations courantes
Les cas ci-dessous appliquent la grille du BOFiP à des locations typiques. Ils ne remplacent pas l’analyse d’une situation précise, qui dépend du détail des services offerts.
| Situation | Services proposés | Nombre | TVA sur la location |
|---|---|---|---|
| Appartement en ville, clés en boîte, draps fournis, ménage en fin de séjour | linge, éventuellement nettoyage | 1 ou 2 | exonérée |
| Gîte avec accueil des voyageurs à l’arrivée, linge fourni, ménage avant l’arrivée et sur demande chaque semaine | réception, linge, nettoyage | 3 | imposable à 10 % |
| Chambres d’hôtes avec petit-déjeuner, accueil et linge | petit-déjeuner, réception, linge | 3 ou 4 | imposable à 10 % |
Le premier cas est celui de la majorité des meublés loués par une plateforme : sans réception au sens du BOFiP ni petit-déjeuner, la location reste exonérée. Le dernier est celui des chambres d’hôtes, qui réunissent ces services par nature et relèvent donc du champ de la TVA.
Imposable ne veut pas dire redevable : la franchise en base
Une location para-hôtelière entre dans le champ de la TVA, mais le loueur n’a rien à facturer ni à reverser tant qu’il bénéficie de la franchise en base. Le BOFiP le rappelle pour ces opérations, et Service Public Entreprendre donne les seuils applicables en 2026, inchangés par rapport à 2025.
| Activité | Seuil de base, chiffre d’affaires de l’année précédente | Seuil majoré, année en cours |
|---|---|---|
| Ventes et hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
L’hébergement relève de la première ligne. Au-delà de 85 000 € l’année précédente, le loueur devient redevable de la TVA au 1er janvier suivant ; s’il dépasse 93 500 € en cours d’année, il l’est dès le premier jour de dépassement.
Prenons un gîte para-hôtelier qui encaisse 40 000 € par an. Il reste sous la franchise et ne facture aucune TVA. Le même gîte à 95 000 € dans l’année dépasse le seuil majoré : à partir de ce jour, ses nuitées portent une TVA de 10 %, soit 10 € de TVA dans un séjour facturé 110 € toutes taxes comprises. En contrepartie, il peut déduire la TVA payée sur ses achats liés à l’activité.
La foire aux questions de l’administration fiscale insiste sur un point : le micro-BIC et la franchise de TVA sont indépendants. Le choix du régime d’imposition des revenus, expliqué dans notre page sur l’abattement d’un meublé de tourisme, ne dit rien de la TVA. Un loueur peut rester au micro-BIC tout en devant déclarer la TVA.
Avant d’ajouter un service
Ajouter un petit-déjeuner ou un accueil physique peut faire passer une location exonérée au-dessus de la barre des trois services. Sous la franchise, l’effet est nul. Au-dessus, le prix des nuitées doit intégrer 10 % de TVA, ou la marge baisse d’autant.
Le service ajouté change aussi la nature de l’activité au regard d’autres règles. Une activité para-hôtelière s’éloigne de la simple location meublée, ce qui compte, par exemple, face à un règlement de copropriété qui interdit l’activité commerciale, comme l’explique notre page sur le meublé de tourisme en copropriété. La déclaration de début d’activité et le numéro SIRET, eux, s’imposent à toute location meublée, avec ou sans TVA.
Ces règles sont générales. Pour un cas limite, en particulier une réception assurée uniquement à distance ou des services proposés par une conciergerie, le service des impôts des entreprises ou un expert-comptable peut confirmer le régime applicable.
Questions fréquentes
Un meublé de tourisme est-il soumis à la TVA ?
En principe, non. La location de logements meublés à usage d'habitation est exonérée de TVA par l'article 261 D du code général des impôts, sans possibilité d'option. Elle devient imposable, au taux de 10 %, quand le loueur propose au moins trois des quatre services para-hôteliers : petit-déjeuner, nettoyage régulier, linge de maison et réception de la clientèle.
Fournir les draps et faire le ménage suffit-il à rendre la location imposable ?
Non. Le linge et le ménage ne font que deux services sur quatre. Il en faut trois : la location ne bascule dans la TVA que si le loueur propose aussi le petit-déjeuner ou une réception de la clientèle au sens du BOFiP.
Une boîte à clés vaut-elle réception de la clientèle ?
Pas à elle seule. Le BOFiP admet une réception non personnalisée, assurée en un lieu unique ou par un système électronique, mais il précise que la seule mise à disposition des clés par une boîte à clés, sans alternative d'accueil physique proposée, ne constitue pas une réception.
Faut-il que le client prenne vraiment le petit-déjeuner ?
Non. Selon le BOFiP, il n'est pas exigé que les services soient effectivement fournis : ils doivent être réellement proposés, inclus dans le prix ou optionnels et facturés à part, et le loueur doit pouvoir prouver cette offre, par exemple par son annonce ou son livret d'accueil. Conseiller une boulangerie ne suffit pas ; proposer de commander le petit-déjeuner en suffit.
Le micro-BIC dispense-t-il de TVA ?
Non. La foire aux questions de l'administration fiscale rappelle que les deux régimes sont indépendants. Un loueur peut déclarer ses revenus au micro-BIC et être redevable de la TVA si son activité est para-hôtelière et que son chiffre d'affaires dépasse la franchise en base.
Sources et méthode
- BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20, « Régime de TVA applicable aux prestations d'hébergement hôtelières et parahôtelières et aux locations de logements meublés à usage résidentiel assorties de prestations annexes », version en vigueur depuis le 26 mars 2025, § 1, 40 et 60 à 100 : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/124-PGP.html/identifiant=BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20-20250326 (consulté le 13 octobre 2026)
- Conseil d'État, décision n° 498267 du 12 novembre 2025, annulation partielle des remarques des § 80 et 90 de ce BOFiP (nettoyage et linge pour les séjours de moins d'une semaine)
- impots.gouv.fr, Foire aux questions « Régime des locations meublées », mars 2026, rubrique TVA : https://www.impots.gouv.fr/sites/default/files/media/1_metier/5_international/actualite/faq-lmnp-03_2026.pdf (consulté le 13 octobre 2026)
- Service Public Entreprendre, « Franchise en base de TVA », F21746, vérifié le 1er janvier 2026 : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F21746 (consulté le 13 octobre 2026)
- Code général des impôts, article 261 D, 4° b (exception para-hôtelière), article 279 a (taux de 10 %) et article 293 B (franchise en base)